Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

17.12.2007

La périphérie vue de France

Imaginez que de l'autre côté du périphérique parisien, l'on parle flamand et qu'à Boulogne-Billancourt, qui compterait 80% de Fancophones, il serait interdit à ces derniers de parler le français au conseil municipal, sous peine de poursuites.
Imaginez que les Francophones de Boulogne n'auraient le droit d'aller dans une école francophone de Boulogne qu'en maternelle et en primaire. Que ces écoles seraient gérées par le gouvernement des Flamands, et qu'il serait interdit au maire, sous peine de suspension, d'adresser la parole à un instituteur francophone en... français (sauf hors du cercle professionnel).

Imaginez que les Flamands y auraient coupé Arte, FR3 et TF1 au profit de chaînes anglophones. Imaginez qu'il y serait interdit d'envoyer des convocations électorales en français aux Francophones, sous peine de suspension. Et que l'on appellerait Boulogne-Billancourt une «commune à facilités». C'est cela, la question linguistique en Belgique aujourd'hui. Ah oui. Imaginez enfin que les Francophones aux droits si limités seraient installés là depuis deux, trois, quatre ou cinq générations. De vrais immigrés, en quelque sorte. Mais dans leur propre pays.Oiges nous donne un bel exposé, où le mot «racisme» apparaît plusieurs fois. Il s'agirait du racisme des Francophones envers les Flamands. C'est étrange, parce que les seuls Flamands qui font état de ce racisme habitent... en Flandre.
Je n'ai jamais entendu un Flamand habitant la Wallonie se plaindre d'une telle chose. C'est étrange, parce que les Francophones ont été sortis de Flandre (notamment de l'Université de Louvain) sous le slogan «Walen Buiten», que l'on trouve aujourd'hui encore sur beaucoup de murs en Flandre.
C'est étrange, parce qu'en réponse à cela, j'ai lu, pour la première fois, le tag «Flamands dehors» voici un mois, sur le parlement flamand, situé à Bruxelles, à 85% francophone, mais capitale de la Flandre. Un tag, aussitôt effacé par un ouvrier flamand. Les tags «Wallons dehors» ne sont, eux, presque jamais effacés. Efficacité avant tout. Quant aux panneaux «Là où les Flamands sont chez eux» qui ornent l'entrée de plusieurs communes flamandes, quelquefois même des ponts entiers, et ce, sur les ordres de l'autorité locale, ils ne sont pas racistes. C'est une simple précision.

Vous sortez du périph pour aller à Asnières, et à la sortie, on vous assène «Asnières, là où les Flamands sont chez eux». Et ce n'est pas raciste. Ensuite, sur un blog, on vous dit : vous, les Francophones, vous êtes des racistes. Ce n'est pas du surréalisme belge, c'est tout simplement la vision flamande d'aujourd'hui, et c'est tout simplement atterrant.Raciste, le wallon?C'est bizarre, parce que le site Wallonie.be existe en 6 langues, alors que le site Flandres.be n'existe qu'en néerlandais et en... anglais. SI on veut la version francophone, on tombe sur une page qui dit que c'est en construction, et qu'en attendant, on doit aller sur l'une des deux autres versions.C'est même très bizarre, parce que pour qui parle couramment le néerlandais (ce qui est mon cas), il y a sur le site Vlaanderen.be tout un chapitre qui explique aux habitants de Flandre quand ils ont le droit (ou pas) de parler une autre langue que le néerlandais, alors que sur le site wallon, rien de tel.

Pourtant, il y a des communes à facilités en Wallonie aussi, et là, il n'y a pas de loi antiflamands.C'est même terriblement bizarre, quand on sait que l'extrême-droite, ouvertement raciste, est le premier parti au gouvernement flamand, que celui-ci assimile les francophones aux «autres allochtones» : paresseux, profiteurs, étrangers. Alors qu'en Francophonie, le FN doit se contenter d'un siège, obtenu tout juste.Bien sûr, il y a l'histoire. Bien sûr, il y a cent ans de domination francophone, mais cette discrimination tenait avant tout de la ségrégation de classe : ces Francophones qui ont brimé les Flamands étaient en réalité des bourgeois et des nobles... flamands.
La preuve? Ils portaient des noms flamands. N'allez pas me dire que Woeste ou Van de Berghe sont des noms français!Bien sûr, les Wallons ont eu un sort plus confortable que les Flamands pendant la grande guerre... c'est dans une langue proche de leur dialecte qu'on leur expliquait comment se faire charcuter sur le champ de bataille. Alors que les Flamands sont morts pour n'avoir pas compris les ordres. Tout de même, après 3 ou 4 ans de guerre, on peut supposer que la plupart d'entre eux étaient suffisamment intelligents pour comprendre le français?
Mais plus sérieusement, oui, il faut le reconnaître, impérativement : il y a eu de graves injustices envers les soldats flamands pendant la grande guerre, comme avec les Bretons bretonnants, les Germanophones ou les Corses en France, comme avec les Harkis plus tard, comme avec les tirailleurs sénégalais. Et évidemment, les épitaphes en français pour des soldats flamands étaient une infamie.Mais c'était en 1914.De 1940 à 1945, bien des nationalistes flamands se sont associés aux nazis pour défendre leur «cause» (alors que depuis 1930, il y avait des bataillons flamands et des bataillons francophones).

Bien des Francophones sont morts en stalag ou sous la torture de ces gens. De cela, les Flamands ne vous parleront jamais. Pire : très récemment, le patron de la NVA (nationaliste de droite non extrémiste), Bart De Wever, a cru nécessaire de faire un tout petit peu de révisionisme en critiquant les excuses que le maire d'Anvers venait de faire aux Juifs pour les exactions de sa police, de 1940 à 1945. (Bart de Wever s'en est excusé en petit comité devant les Juifs d'Anvers, mais a «oublié», comme il l'avait promis, de diffuser ces excuses dans la presse, suite à quoi les Juifs d'Anvers, très modérés, ont dit refuser ces excuses si privées.) L'histoire n'est pas simple. L'histoire de Belgique moins encore.

Alors revenons à l'actualité : il y a quelques signes qui ne devraient tromper personne, et qui sont autant de signaux d'alarme que l'ambiance complexe du pays et le double langage de certains rendent presque imperceptibles, au point qu'aucune presse ne les relève.
Il y a de quoi s'alarmer.
Oui : s'alarmer ! Quand tous les partis flamands, socialistes inclus votent, avec les néo-nazis antifrancophones du Vlaams Belang, un projet de loi visant à supprimer la possibilité pour les Francophones de «Boulogne» ou d' «Asnières» d'être jugés dans leur langue ou de voter pour des partis francophones - eux qui sont installés là depuis quelquefois quatre ou cinq générations. (je précise toutefoisque les verts flamands se sont abstenus... mais n'ont pas voté contre).

S'alarmer, quand les sociaux-chrétiens flamands applaudissent avec les néo-nazis, se félicitent ensemble, pour le bon tour qu'ils ont joué aux Francophones. Ce n'est pas Sarkozy serrant la main de Le Pen, non. En Belgique, c'est carrément Bayrou qui danse la gigue avec Mégret ou Golnisch.

S'alarmer! Quand le Vlaams Belang, toujours lui, veut mettre une loi à l'agenda de la chambre. Cette loi exige la séparation immédiate du pays. Le préambule de 30 pages est une véritable diatribe antifrancophone.
Dans tout pays occidental, tous les partis démocrates voteraient contre. En Belgique, non : même des chrétiens démocrates flamands, des libéraux flamands, des indépendantistes démocrates flamands se croient obligés, en pleine négociation gouvernementale avec les Francophones, de s'abstenir, plutôt que de se lever d'une voix contre l'extrême-droite. On vous expliquera que la démocratie, en Flandre, c'est de laisser libre cours à l'expression des idées fascistes (et authentiquement fascistes) de l'extême-droite au nom de la liberté d'expression. Ce sont ces mêmes partis qui, interrogés par une presse étrangère, affirment haut et fort qu'ils sont absolument contre une éventuelle séparation du pays.

S'alarmer, donc, quand la complaisance envers les idées du parti néo-nazi le plus puissant d'Europe (qui n'est rien de moins que le premier parti au parlement flamand...) a inondé les cénacles et la presse. Non pas par peur de leur violence, mais par peur de l'opinion publique.

S'alarmer quand un membre de ce parti diffuse sur son site la liste des «Mauvais Flamands», soit celle des signataires d'une pétition pour la solidarité entre les deux communautés, nom, prénom, adresse.Celui qui a connu Vichy devrait, à la lecture de cette dernière phrase, commencer à trembler. Mais bien sûr, c'est du passé, tout ça!
Noir tableau que celui que je dresse là? Oui, noir, à dessein, ET par la force des choses. Mais ce sont des faits que je reprends ci-dessus, pas des discours, des simples faits, vérifiables, précis.Autre fait : en 1999, le Parlement flamand a voté une série de lois qui définissaint l'avenir de la Belgique. Ceci devrait convaincre : 60% de la population a décidé de l'avenir de 100% de la population, sans consulter les 40% restants. C'est comme si les Suisses allemands décidaient de tout et imposaient ensuite leurs décrets aux Suisses francophones.
Pardon, ce n'est pas «comme si», c'est «exactement comme si».Aujourd'hui, les représentants de ce parlement «négocient» avec les francophones pour faire passer leurs décrets unilatéraux, qui comprennent notamment la scission de la sécurité sociale. Et pour mieux faire «accepter» ces idées, ils expliquent à qui veut l'entendre (et l'écrire) que c'est à l'avantage des francophones, que ceux d'entre ces derniers qui disent «non» les «humilient» (c'est le terme exact utilisé par Bart de Wever, président d'un des partis qui négocient le futur gouvernement avec les Francophones«.)

Ils disent aussi que le Francophone est un profiteur et que Bruxelles s'enrichit de l'argent flamand. Bruxelles ? 85% de Francophones, un PIB par habitant proche du double de celui de la Flandre. La seule vraie région très riche du pays. A qui l'on ne rend qu'un quart des produits fiscaux qu'elle génère. Mais cela, on oubliera de vous le dire, parce que pour tous les partis flamands, Bruxelles, 1.200.000 personnes, dont un million de francophones, est la capitale de la... Flandre.

Ceux qui n'auront pas compris que la Flandre veut prendre tout ce qui l'intéresse et abandonner tout ce qui n'est pas assez riche pour elle sont aveugles. Ceux qui n'auront pas considéré le décalage entre l'électeur flamand, qui se dit modéré, Belgicain, non-séparatiste, et le même, qui a voté à 65% pour des partis ouvertement confédéralistes (qui voient la future Belgique comme l'association de deux Etats) et à 30% nationalistes purs et durs (dont 20% d'extrême-droite), ceux-là sont des utopistes. Mais le problème de l'extrême droite est soigneusement laissé de côté dans la presse flamande autant que dans la politique.

Mauvaise image. Oulah! La mauvaise image! Pourtant, en Flandre, c'est avéré, Le Pen fait mieux que Sarko. Et ça ne dérange personne.Tache d'huile : le journal le plus lu de Flandre n'utilise déjà plus le terme »Régions«, qui correspond à la définition légale (on peut penser que cela intéresse les journalistes). Elle utilise plus généralement le terme »Etats fédérés«, qui correspond à sa vision et à celle des partis. Or deux Etats fédérés sont bien deux Etats distincts.Une presse qui se détache à ce point de la sémantique nationale (belgicaine) ne fait plus du journalisme, elle fait du militantisme.J'ai bien dit »militantisme«, pas »propagande«. Je n'ai pas écrit »propagande«, parce que seuls 80% des journaux flamands en sont vraiment déjà là.Et pour cette dernière phrase, je reconnais que j'ai pêché : ce chiffre n'est pas vérifiable.

-- Trouvé sur un forum... et fort "to the point"!

26.06.2007

Le beurre et... l'argent du beurre

L'usage de cette expression est très récent puisqu'il date du début des années 1980.
Le bon sens paysan veut qu'on ne puisse pas, honnêtement, vendre le beurre qu'on vient de fabriquer, en garder l'argent, mais garder aussi le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore.

Lu dans La Libre:

Les autorités provinciales de Brabant flamand ont écrit à l'informateur Didier Reynders pour plaider en faveur de la scission de l'arrondissement judiciaire Bruxelles-Hal-Vivorde, qui devrait être réalisée dès le début de ses travaux par le futur gouvernement. ...

La scission de l'arrondissement ne doit pas porter atteinte à l'intégrité du territoire néerlandophone ni mener à la ratification de la convention du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités, affirme encore la lettre.

Morale de cette histoire:

Même si on réussit temporairement à garder le beurre et l'argent du beurre, il ne faut jamais perdre de vue que le beurre, comme l'argent, peuvent fondre très facilement et rapidement.

19.06.2007

Affaire d'état

Pas de gouvernement sans scission BHV, selon le cartel CD&V/N-VA.

Cela n'a pas de sens de commencer si on n'a pas d'accord sur ce point...
Cela n'a rien à voir avec la réforme de l'État...

En gros: donnez-nous le petit doigt, et on vous coupera la main! 

Alors que la majorité des Belges ignorent de quoi il s'agit, BHV reste hautement symbolique pour le futur gouvernement. Evidemment, il y a le mot "scission".

Bart De Wever (N-VA), après avoir enduré deux heures de files entre Antwerpen et Bruxelles, déclare également que les problèmes de mobilité feront partie de discussions pour la future majorité!

16.06.2007

Convocations – épisode 6

Comme nous pouvons le lire dans "les Brèves" de La Libre, le gouvernement flamand vient d'approuver un arrêté, de Marino Keulen, pour des sanctions à l'égard des mandataires locaux en cas "d'écart de conduite notoire"...

Ils n'ont pas dû suivre l'histoire, car une procédure a immédiatement été engagée contre les bourgmestres de Wezembeek-Oppem, Crainhem et Rhode-Saint-Genèse qualifiés de "récalcitrants" à cause des convocations électorales adressées en Français aux francophones lors des dernières élections. Ce ne fut déjà pas le cas pour Rhode...!

15.06.2007

La scission selon Jo Buelens

Le professeur Jo Buelens de la VUB a analysé les resultats des élections du 10 juin dans l'hypothèse d'une scission de l'arrondissement BHV (tellement désirée par les nationalistes flamands).

Les partis flamands n'auraient obtenu que 14 sièges dans le Brabant flamand, au lieu de 16.

A Bruxelles, ils n'auraient eu aucun siège, ni dans le Brabant wallon.

Et les francophones de la périphérie située en Flandre auraient voté pour l'Union des Francophones, ce qui aurait produit un succès encore plus retentissant!

Sources: http://www.standaard.be/Artikel/Detail.aspx?artikelId=6P1...

Bureau de vote illégal en...

... Angola? Non, en périphérie bruxelloise!

Des membres du Taalaktiekomitee (TAK) ont ouvert dimanche matin un bureau de vote illégal à Rhode-Saint-Genèse, près du GLTT (De Hoek), déclarant aux électeurs que le bureau officiel situé un peu plus loin était hors-la-loi parce que des listes francophones y figuraient.

En roulant les gens dans la farine, ils portent un grave préjudice à la démocratie. Et tout ceci sous l'oeil complaisant des policiers censés veiller au bon déroulement des élections! Quelle blague...

Malgré toutes ces fourberies flamandes, les votes francophones ont encore crû de 5% par rapport aux élections 2003.

13.06.2007

Ton tag à toi

Internet foisonne de photos de panneaux taggés en périphérie, comme celle-ci, assez évocatrice:

a3f8220016d633dd46c39233886a8abe.png

Il m'est venu l'idée de faire un petit album de tags, en périphérie et en ville. Cependant, après avoir scruté les rues de nos communes de périphérie, je ne suis plus arrivé à en trouver un seul. Par contre, une sortie de 10 minutes en ville dans une belle commune bruxelloise (Ixelles), m'a donné l'embarras du choix.

A défaut d'une sélection en périphérie, voici donc quelques "beaux" exemplaires:

9b23c9d7363d87508d0968ea862b796f.jpg eb699137eec317ecb5eeed7aca86eb2a.jpg0feae9f9a9496dd3046d24e2a7d3cae2.jpg6aaa50c273a06b3f1523944ad1bf2c48.jpgc1587e5cb857f52b2846e8e9a04c7b8b.jpg738c720d0c1fa0fce355a07e4addf318.jpg

3990c68bb361dfce208e4910f2b5d1c3.jpg10a2fefde5c919f4987a961aba01c55f.jpgfedd653031d0bfedc72063920b09153b.jpg7866503593a1d8f564eff26e7a4b69a2.jpg0bde000856d300d17239517c942da3ba.jpg54b59492397cd93b3b8e459dd951b48a.jpg

12.06.2007

La théorie des compensations pour Leterme

J'ai revu cela avec ma plus jeune fille en préparant ses examens: pour simplifier une différence, sans la déséquilibrer, on peut additionner ou soustraire le même nombre à chaque terme.

84d722fdffb80f24b52378ccae609eb3.jpgPour simplifier les différends communautaires, Leterme pourrait additionner, sans déséquilibrage:
1) la scission de BHV
2) l'abandon des facilités
3) la représentation des flamands à Bruxelles
4) l'élargissement de la région bruxelloise
5) l'autonomie financière de Bruxelles

Aussi simple & réalisable que cela paraisse, c'est totalement antinomique aux projets nationalistes flamands, et aux tabous territoriaux innés,  et il faudra des fermes négociations pour convaincre toutes les parties prenantes...

 

11.06.2007

Leterm(inator)?

"De MR wint meer in de Vlaamse Rand. De discussie over de splitsing zal verharden." (De Standaard)fb99dba2b4afc930cc4d8246fd0788ce.jpg

Deux grands axes gagnants pour ces élections: l'écologie (heureusement, un peu de bon sens!) et le ... communautaire.

Comment, en effet, ignorer le succès du MR et de son partenaire, le FDF ainsi que les 45.000 voix de préférence pour Oivier Maingain en pole position dans BHV? Comment interpréter la "punition" infligée par les électeurs flamands au VLD - qui n'a pas su aller jusqu'au bout?

Yves Leterme, assez imbu de sa personne, annonce des changements "dés demain". Il y a urgence pour son parti qui a clairement mis la réforme de l'état au programme, car la résistance francophone sera grande: "Maar verkiezing na verkiezing worden de Franstalige electorale belangen groter en daarmee ook het verzet tegen het doorknippen van de band met Brussel." (De Standaard)

L'enjeu est important: finalement, il ne s'agit pas que de la périphérie, mais de Bruxelles!

10.06.2007

Scrutin quiet

a5e53e064dc5fea0ae037d7873cda9fe.jpgCe matin, en périphérie, tout s'est déroulé comme sur des roulettes. La convivialité était de mise; les bureaux de votes étaient essentiellement francophones.896b33446b87bcf75f59d8b169c61a74.jpg

Les actions de protestation lancées par le Halle-Vilvoorde Komitee, le Vlaamse Volksbeweging et le Taal Aktie Komitee, n'ont posé aucun problème significatif.

09.06.2007

Jour J-1

C'est le calme plat et nous avons une paix royale! Heureusement, cela tombe bien pour les examens des enfants à préparer.

Pourvu que ça dure et que, demain, nos votes puissent récompenser les partis honnêtes, tolérants et respectueux. Hum... qui reste en piste?

Malraux, dans l'Espoir, reste sceptique: (…) vous ne croyez tout de même pas que vous serez aidés par les démocraties ? (…) — J'ai vu les démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre les fascismes. 

Donnons-lui tort!

08.06.2007

Convocations – épisode 5

5049736c9c3fed59451397fa262ab00f.jpg"La vérité sur les convocations électorales à Rhode-Saint-Genèse"

Une lettre toutes-boîtes anonyme, reprenant un article de Baudouin Peeters (rédacteur en chef à la Tribune de Bruxelles), donne raison à notre bourgmestre et disculpe Sophie Wilmes et Georges Clerfayt, pourtant signataire du document MR (voir Jour J-3)....

Elle dit que "seul Eric Libert, remonté par Reynders et Maingain, est monté aux barricades".

C'est très fort et presqu'aussi mystérieux qu'un épisode de Lost, série 3!

Jour J-2

On vient de me demander comme secrétaire d'un bureau de vote. 2d253ef56ef33bed3b9af7902f93f91d.jpg

Voici une belle opportunité pour m'introduire au centre du débat et de prendre quelques photos en catimini. Elles seront publiées dans ce blog (qui est politiquement neutre).

C'est aussi l'occasion de rencontrer mes concitoyens.

Flamands et francophones seront accueillis avec la même cordialité - il n'y a pas de tensions à ce niveau.

Convocations – épisode 4

Une nouvelle lettre nous est parvenue!  Il s'agit d'une réponse au communiqué du MR/FDF et aux 2 envois successifs de convocations.

4cadb6b2c9e9d4ea52f545de4928c332.jpgElle émane de notre bourgmestre « faisant fonction », une femme courageuse, intelligente et droite.

Sa missive bilingue est bien rédigée (pas de fôtes d'ortograf comme dans le courrier de Joëlle Milquet). Si elle ne se plie pas aux injonctions du ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen (le même sbire qui refuse de la nommer, qui a annulé l’inscription d’électeurs francophones de l’étranger, et qui ne prendra aucune sanction à l’égard des 24 bourgmestres flamands qui menacent de boycotter le scrutin…), elle risque de se faire remplacer par un Commissaire du gouvernement flamand (on l'attend de pied ferme, celui-là).

Dans ce cas précis, un ministre flamand, aux allures putschistes, a donc le dernier mot à propos d’élections fédérales ? Cela me fait sourciller…6d8941d98abeb464d0ee93c479ead904.jpg

La décision du gouvernement flamand entrave volontairement la bonne organisation des élections législatives. Il faut que les «outsiders » comprennent qu’il ne s’agit pas juste d’un problème linguistique – mais du respect de la démocratie, de la constitution et du fonctionnement de l’état fédéral.

(et si j'étais un membre de Groen!, j'attaquerais Mr Peeters en justice pour les tonnes de papiers inutiles que sa circulaire a créées) 

La Guerre des Berceaux

Les chroniqueurs ont eu le bon goût des nommer les faits importants de l’histoire avec une pointe d'ironie. Après le "Grand Dérangement" - la déportation des Acadiens (français) par les Anglais en 1755 - il y eut la "Guerre des Berceaux".

C’est un guide du fabuleux musée de la civilisation à Québec qui m'apprit le concept de la guerre la plus pacifique de notre histoire: les québécois de souche française, habitant cette province « à facilités », ripostèrent aux anglais en faisant plus d’enfants qu'eux pour devenir numériquement supérieurs! 42bcd0567147227b2a17e902d0e790ab.jpg

Et de fait, le Québec a résisté à l'anglicisation pendant 250 ans déjà.

Difficile à dire si l'histoire s'est répétée en périphérie, mais il y a une certaine analogie. La supériorité numérique est un fait accompli, et beaucoup de politiciens flamands savent qu'il s'agit d'un combat d'arrière-garde et arrivent comme les carabiniers d’Offenbach.

Mais tous les arguments électoraux sont bons, de part et d'autre, pour récolter des voix...